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Suite à un road-trip en Thaïlande que j’ai eu la chance de faire avec mon copain en décembre 2016, je souhaitais te présenter une petite idée de balade originale. Ok, ce n’est pas tout à fait la porte à côté, mais je voulais quand même te parler de mon expérience de la Thaïlande à deux-roues, lieu plutôt sympa pour ce moyen de transport ! Si tu as l’occasion de visiter ce beau pays, voici mes conseils pour des balades réussies et en toute sécurité.

Le deux-roues en Thaïlande : état des lieux          

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  • C’est une norme : en Thaïlande, absolument tout le monde (ou presque) se déplace en deux-roues. Il y a très peu de motos, par contre, les scooters sont partout. Et ce n’est pas vrai uniquement dans les grandes villes; les deux-roues envahissent aussi bien les boulevards de goudron que les chemins terreux des campagnes. Cela rend la circulation assez bruyante en ville mais c’est ainsi. Vu l’âge avancé des voitures, ce ne serait certainement pas plus silencieux avec davantage de voitures que de deux-roues ! Un indice qui montre que le deux-roues est vraiment prédominant là-bas ? Il y a une voie spécialement conçue pour la circulation des scooters, motos et autres tuk-tuk sur la chaussée, tout à fait à gauche. C’est comme une bande d’arrêt d’urgence chez nous ou encore une voie pour les véhicules lents. Il faut se serrer au maximum sur la gauche de cette voie pour ne pas gêner les automobilistes. Parfois, des deux-roues nous arrivent même en sens inverse, mais c’est normal là-bas, tout le monde se serre, sans klaxonner, et ça passe. Quelques sueurs froides en perspective !
  • La sécurité : la quoi ? : là-bas, tous les conducteurs de deux-roues ou presque ne portent pas de casque. C’est assez frappant. D’ailleurs, ils ne s’encombrent pas non plus de gants, blouson, pantalon, voire … chaussures ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’y a aucune obligation à se protéger. Il n’est également pas rare de croiser des deux-roues chevauchés par 3 ou 4 personnes à la fois, un bébé dans le bras droit et le guidon dans la main gauche, ou encore un enfant entre les jambes derrière le guidon. C’est assez folklorique ! En tout cas, quelque soit l’endroit où l’on s’arrête, on pourra laisser sans aucune crainte le véhicule garé sans antivol, les casques posés sur la selle ou suspendus au guidon. 
  • A tout âge : il est tout aussi fréquent de voir un enfant de 8/10 ans conduire un scooter 125 cm3 qu’une grand-mère de 85 ans (ou 110 peut-être, il est tellement difficile de leur donner un âge ! C’est quoi leur crème anti-rides ?).
  • Pour la commodité : comme tout le monde se déplace presque exclusivement en scooter, c’est leur moyen de transport quotidien pour les tâches les plus diverses. Aussi, nous avons vu des conducteurs tenir d’une main le guidon et de l’autre une énorme bouteille de gaz ou encore un piquet de métal qui dépassait de 2 mètres derrière l’engin… mais a priori, cela ne choque personne ! Nous avons été surpris au début et puis nous nous sommes habitués à ces défilés d’originalité.

Est-ce recommandé ?

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Au musée de la Baiyoke Tour, Bangkok

Oui mais… avant même de partir, mon copain et moi nous étions renseigné pour savoir si la pratique du deux-roues en Thaïlande était envisageable. Nous avons trouvé assez peu d’infos « officielles », mais davantage des discussions sur des forums. Ce qui en était ressorti n’était pas spécialement réjouissant : la plupart des gens déconseillaient tout bonnement de louer un deux-roues en Thaïlande. Notre avis ? Il est tout à fait possible de se déplacer à deux-roues en Thaïlande, c’est même le moyen que nous avons préféré pour sa flexibilité et la liberté qu’il offre. Cela nous a permis de nous rendre dans des endroits peu fréquentés (voire carrément désertés) et beaucoup plus natures. L’utilisation du scooter en ville est tout à fait faisable également. Par contre, nous déconseillons radicalement son utilisation dans la ville de Bangkok qui est un bazar monstre et dangereux.

Les dangers du deux-roues en Thaïlande

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  • L’état de la route : même si on peut tout à fait circuler en scooter en Thaïlande, la prudence reste de mise car les routes ne sont pas toutes en très bon état, surtout lorsque l’on s’éloigne des sentiers-battus. Le sol est souvent jonché de nids-de-poule, que l’on voit au dernier moment. Bien que le scooter tienne assez bien la route, le danger serait plutôt de crever un pneu (et de devoir le remplacer) ou de se crever une fesse (oui, ça manque un peu d’amortisseur !).
  • Le sens de circulation : eh oui, en Thaïlande on roule à gauche ! Cela peut paraître perturbant au début mais bizarrement, on s’y fait très vite. Le plus gênant est peut-être dans les ronds points. Heureusement, ils sont quasi inexistants dans ce pays.
  • L’équipement : comme dit plus haut, les équipements ne sont pas obligatoires à moto ou en scooter dans le pays du sourire (avec une jambe en gruyère ils l’auront peut-être moins…). Avec la chaleur, l’euphorie des vacances et l’ambiance décontractée de la Thaïlande, on peut rapidement oublier les règles de sécurité de base. Nous avons été de très mauvais élèves puisque nous avons circulé en débardeur et short la plupart du temps… Attention donc à rester très vigilants pendant les trajets. Cela se fait à nos risques et périls… Par contre, intransigeance sur le port du casque, totalement indispensable ! Les casque là-bas sont en forme de coque de noix de coco (design local donc) et nous donnent un air de champignon de Paris. Malgré ce petit dérapage stylistique, il est indispensable d’en mettre un. Il protège bien moins qu’un casque intégral, en bon état et à notre taille, mais c’est toujours mieux que les cheveux au vent…

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La location d’un deux-roues

Étant donné que la majorité de la population se déplace à deux-roues, il est très aisé de trouver une location du genre (il y en a partout en fait !). Pas de grosse entreprise de location en vue mais plein de petits loueurs indépendants qui ont fait l’acquisition de quelques pièces et les louent principalement aux touristes de passage. Tu devras signer un contrat de location sur lequel est stipulé le montant à rembourser en cas de vol du scooter ou de dommage important. Pense à vérifier qu’une assurance est comprise dedans. Si ce n’est pas le cas, c’est à tes risques et périls. L’avantage est qu’ils ne demandent qu’un passeport en guise de garantie. Certains demandent peut-être parfois du liquide pour la caution mais nous n’avons pas été confrontés à ce cas de figure.

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Ne t’attends pas à des bêtes de concours, lustrées et sorties d’usine. Les scooters sont souvent assez vieux, mais surtout cabossés et écorchés de tous les côtés et avec quelques kilomètres au compteur ! Ceci dit, du coup, ils ne sont pas regardant sur les égratignures : « Tant que vous ne le ramenez pas plier en deux, c’est ok ». Autre avantage de ce moyen de transport ? Le prix ! Une misère puisque la location à la journée coûte environ 200-250 bahts, ce qui équivaut à 5-6€. Ajouté à cela un peu d’essence (pas très chère non plus, environ 80 cts le litre) et tu es la reine du monde ! Enfin, il est normalement obligatoire de posséder un permis de conduire international pour pouvoir le présenter en cas de contrôle. Sache que les loueurs ne te le demanderont jamais et que les contrôles sont très peu fréquents mais il est quand même plus prudent de l’avoir toujours avec soi.

Quelle type de bécane ?

Si l’on souhaite rester dans un tarif raisonnable pour quelque chose qui tienne quand même la route, on laisse tomber les motos et on mise tout sur leurs magnifiques scooters ! On en trouve de deux types : automatiques et semi-automatiques.

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Ces grosses mains (euuuh grandes pardon) ne sont évidemment pas les miennes, tu l’auras compris
  • Automatique : rien à signaler de particulier, c’est un scooter classique, aucune vitesse à passer. Les 125 cm3 sont très bien pour deux personnes, bien qu’un peu à la traîne dans de fortes côtes. Que vous souhaitiez faire de la montagne ou de la ville, pensez à le spécifier au loueur, il vous donnera un scooter adapté à vos besoins.
  • Semi-automatique : ce scooter est un peu différent, il faut passer les vitesses avec le pied gauche mais pas comme sur une moto classique. En effet, il y a deux sélecteurs, un à l’avant du pied et l’autre à l’arrière. Le sélecteur à l’avant du pied permet de passer la vitesse supérieure et le sélecteur à l’arrière du pied permet de passer la vitesse inférieure. Dans les deux cas, il s’agit bien d’appuyer sur le sélecteur et non de le soulever avec la pointe du pied comme on le fait sur nos motos. Mais alors en quoi est-ce SEMI-automatique ? Eh bien, parce qu’il n’y a pas d’embrayage sur le guidon ! Tout se passe au niveau des pieds. Pour ce qui est du frein arrière, il est tout simplement situé sous le pied droit. C’est un système parfois un peu capricieux, les premiers passages de vitesse sont plutôt laborieux, mais on s’y fait assez vite. C’est quand même plus sympa que le scooter automatique, si éloigné de nos bonne vieilles motos…

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    Ceci n’est pas une publicité pour une célèbre marque de chaussures de sport

Quel que soit le véhicule choisi, sache que le loueur te le remettra avec le minimum d’essence dans le réservoir (pas bête la guêpe !). Tu auras juste de quoi parcourir quelques kilomètres pour aller remplir le réservoir. Pense donc à ne mettre que l’essence nécessaire à ton trajet pour ne pas rendre le scooter avec le plein. Non, ils ne te feront pas un petit doggy bag avec tes restes d’essence non consommée…

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78 582,3 km au compteur, il en avait vu des nids de poule celui-là !

Notre coin coup de coeur

Pour nous, c’est vraiment le nord de la Thaïlande qui est le plus propice à la pratique du deux-roues. C’est une zone montagneuse, agrémentée de forêts luxuriantes que l’on pourrait même qualifiées de jungles. La végétation y est splendide, les routes tout à fait praticables et sinueuses à souhait. C’est un régal pour les yeux, bien qu’un léger supplice pour le scooter (un pauvre 125 cm3 qui déplaçait plus de 120 kg dans de bonnes côtes…). Bref, toute la région aux alentours de Chiang Mai et Chiang Rai est parfaitement adaptée à cette activité. Les côtes du sud ne sont pas trop laides non plus évidemment, tout dépend des goûts de chacun.

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Pour conclure, je ne peux que recommander de louer un deux-roues en Thaïlande, pour des déplacements à moindre coût, faciles, flexibles et offrant toute la liberté nécessaire à la découverte de coins un peu reculés, au cœur de la vraie Thaïlande. En répétant tout de même qu’il faut être à l’aise pour conduire sans être une pro, être prudente et attentive et avoir un œil partout car les véhicules peuvent débouler de n’importe où. Si tu te sens l’âme d’une baroudeuse qui a soif de découvertes naturelles et authentiques, alors cette aventure est faite pour toi !

Si toi aussi tu as déjà eu la chance de parcourir un bout de Thaïlande à moto ou à scooter, n’hésite pas à laisser tes commentaires !

 

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